JEAN GOUDEZKI 1866 1934 FRENCH AUTOR

Publié le par Louvinix

Edouard Goudez, dit Jean Goudezki, est né à Louvignies-Bavay dans le Nord de la France,
le 20 décembre 1866.





Ce fut un poète qui faisait des vers olorimes, et il connut  un beau succès au "Cabaret du Chat Noir" de Rodolphe Salis.

Il fréquente alors, Alphonse Allais, Maurice Donnay, ZAMACOIS, Paul Delmet, Henri de Toulouse Lautrec, et beaucoup de grands poètes et artistes de la fin du XIXème siècle.

Rodolphe Salis, le patron du cabaret le Chat Noir, l'appelait  le poète "chaste", en référence à plusieurs de ces chansons olé olé ...





Il écrivait des pièces et des revues, par exemple, "Au Parnasse", revue en trois tableaux, qui passaient au fameux théâtre d'ombres du Chat Noir.

En 1892, Goudezki écrit le sonnet holorime : " Invitation" . Figure déconcertante dans le monde littéraire car il s'agit d'un véritable casse tête chinois à réaliser. Jules Lemaitre, son ami académien, lui consacra une longue étude dans la "Revue Bleue", et cita :" Il s'agit de l'unique sonnet olorime en langue française, et probablement, de tous les langues."

"Les vers olorimes sont composés de mots différents, mais dont la prononciation et la sonorité sont identiques."

Je t'attends samedi, car Alphonse Allais, car
A l'ombre, à Vaux, l'on gèle. Arrive. Oh ! la campagne !
Allons - bravo ! - longer la rive au lac, en pagne ;

Jette à temps, ça me dit, carafons à l'écart.

Laisse aussi sombrer tes déboires, et dépêche !
L'attrait (puis, sens !) : une omelette au lard nous rit,
Lait, saucisse, ombre, thé des poires et des pêches,
Là, très puissant, un homme l'est tôt. L'art nourrit.

Et, le verre à la main, - t'es-tu décidé ? Roule -
Elle verra, là mainte étude s'y déroule,

Ta muse étudiera les bêtes et les gens !

Comme aux dieux devisant, Hébé (c'est ma compagne)...
Commode, yeux de vice hantés, baissés, m'accompagne...
Amusé tu diras : " L'Hébé te soûle, hé ! Jean ! "






En 1893, Goudezki publie la série de chansons "Les Vieilles Histoires" .

Toulouse Lautrec participe au projet !



Sur la couverture du recueil de musique Les Vieilles Histoires, le lithographe donne de son ami une image vraiment innatendue.Ne voit-on pas Désiré Dihau, chapeau haut de forme sur la téte, basson sous le bras, tenir en laisse un ours -représentation symbolique de Jean Goudezki- et traverser le Pont des Arts vers l'Institut? Dès la couverture, le ton habituel à ce genre d'illustration, qui n'est pas en général d'une grande originalité, s'avère plein d'humour. Les saltimbanques de la chanson à la conquête de l'Académie française !




Dans la deuxième planche, " Pour Toi !",
Lautrec donne à nouveau un portrait de son ami le bassoniste.


 " Ta Bouche"

Je te regarde sommeiller
Si naïve sur l'oreiller,
Un doux sourire sur la bouche,
me rappelant, anéanti,
Combiens de fois elle a menti,
Ta bouche.

Avec colère je revois
Mes lâches pardon d'autrefois
Malgré les aveux de ta bouche;
Je maudis ce tant fol amour
Honteux de mes pleurs versés pour
Ta bouche.

Et je voudrais, sous l'oreiller
Où me semble encore me railler
Même quand tu dors, cette bouche,
Je voudrais t'étouffer afin
Qu'elle ne mente plus, enfin,
Ta bouche.

Et j'aurais des raffinements
En songeant à tous les amants
A qui tu livras cette bouche...
Mais tu t'éveilles, tu souris,
Veux-tu que je la baise, dis,
Ta bouche?


En planche 3, la chanson Sagesse :


SAGESSE

Je pourrais, pendant un moment,
    Vous aimer, sans nul doute,
Et vous pourriez, probablement,
     A moi vous donner toute;
Mais nous avons un sort commun,
Mais nous avons un sort commun,
    Plus rien ne nous étonne.
De vieilles amours sans parfum
Notre coeur est jonché
   C'est un Paysage d'Automne.

Nous chercherons pendant un mois
    Des mines ingénues,
Retrouvant les anciens émois,
    les caresses connues;
Puis, vous me tromperez sans bruit
    En me disant :"Je t'aime!"
Le jour, vous baillerez d'ennui;
Et puis vous dormirez la nuit...
    Moi, je ferai de même.

Pour qu'on se dise après :" Pourquoi
    Cette vaine souffrance?"
Il vaut mieux d'abord rester coi
    Dans son indifférence.
Et comme l'amitié souvent
    Suit ces troubles de l'âme,
Figurons-nous donc, en rêvant,

Qu
e nous nous aimâmes avant...
    Soyons amis, Madame.





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